Œuvre à la croisée des arts, Goyescas est un cas unique dans l’histoire de la musique. A l’origine du cycle, il y a l’art du peintre Francisco Goya, dont Granados ne saisit pas une toile en particulier, mais plutôt sa noirceur caractéristique, son anticipation du romantisme, aussi bien que l’Espagne idéalisée qu’on voit dans ses portraits de nobles majos y majas. Il en tire une suite pour piano qui, sans comporter de narration à proprement parler, fait écho à l’univers lyrique par les motifs musicaux qui circulent entre les mouvements et l’irruption d’événements dramatiques ; c’est tout naturellement qu’elle donnera lieu à l’opéra du même nom en 1915. Démesurée, profondément expressive, troublante, le compositeur a mis tout son art dans cette œuvre.
