Plateau partagé

DEAR est une pièce née d’une correspondance épistolaire entre une chorégraphe et une scénographe, développée entre Paris et Berlin. Chacune construit un monde à distance, avant de le confronter sur scène. Le projet est né d’un désir de rencontre, mais aussi du constat d’un écart : entre deux pratiques, deux temporalités, deux manières d’agir. Là où la chorégraphie se déploie dans le présent du corps, la scénographie opère souvent en amont, dans l’ombre, en modifiant les conditions dans lesquelles le corps évolue. Sur scène, ces logiques ne se superposent pas. Elles coexistent, se frottent, se déplacent.

Entre transformation de l’espace et adaptation du corps, leurs actions se croisent, se décalent, ou se manquent. À partir de parpaings, un espace commun se dessine peu à peu, au fil des manipulations, du poids, de la fatigue. Les gestes déplacent la matière, parfois la brisent, laissent apparaître des traces, de la poussière. Le corps s’y engage, cherche un appui, perd l’équilibre, recommence. Certaines actions se prolongent, d’autres restent en suspens, comme en attente d’une réponse.